C'était à Strasbourg, France
au Tiers-Lieu Shadok
et à la Médiathèque Malraux
13 FÉVRIER - 7 MARS 2026
Vous pouvez découvrir ici le bilan du Random Bazar Festival 2026, à Strasbourg.
Plus de 2 500 visiteuses et visiteurs ont participé à l’exposition immersive dédiée aux jeux vidéo alternatifs au Shadok.
Près de 5 000 usagers et usagères ont exploré les univers du jeu vidéo indépendant à la bibliothèque Malraux.
Le festival a également permis la création de deux œuvres originales, ainsi que la présentation de cinq œuvres internationales.
Les ateliers, animations, conférences et visites guidées proposés ont rencontré un franc succès, affichant complets tout au long de l’événement.
Pendant 3 semaines, Strasbourg était le cœur européen de la création artistique en environnement numérique ayant le jeu vidéo comme médium.
En 1 minute retrouvez l’ambiance du festival et imaginez l’ambiance que vous pouvez mettre en place dans votre lieu culturel.
Un événement qui bouscule les codes du gaming traditionnel à travers une exposition de jeux aux manettes insolites et une programmation riche, entre ateliers et conférences.
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Le Random Bazar Festival ouvre ses portes pour mettre en lumière la création numérique indépendante.
Des jeux vidéo conçus pour être exposés dans des lieux publics
Depuis 2019, l’association Random Bazar propose des ateliers et des conférences aux médiathèques, établissements scolaires et CSC pour défendre la dimension artistique et pédagogique des jeux vidéo.
→ Lire l’article completCes créations artistiques prônent le hacking d’objets et la réappropriation de l’espace physique, avec souvent, une bonne dose d’humour. Que recouvre exactement cette notion ?
→ Lire l’article completOn nous demande souvent : « À quand la prochaine édition ? »
Nous travaillons désormais à transformer le festival en une Biennale.
Nos ambitions :
Maintenir un festival qualitatif et gratuit
Conserver notre ADN de promotion artistique pour tous les publics
Créer un parcours artistique sur l’ensemble de la presqu’île Malraux
Accueillir des résidences artistiques européens
Organiser des rencontres professionnelles
Rendez-vous pour la prochaine édition en 2028 !
Vous n’avez pas pu être présent·es à Strasbourg en 2026 ?
Pas d’inquiétude : nous vous proposons une visite guidée ci-dessous à partir des archives photos et de nos parcours commentés, pour (re)découvrir les espaces d’exposition ainsi que les œuvres présentées.
Naviguez au travers des onglets pour explorer chaque espace de l’exposition.
Bienvenue au Shadok : ici, vous êtes accueilli·es non par un éditorial, mais par un manifeste du jeu vidéo. Il y est défendue une vision du jeu vidéo alternatif, aussi exigeante dans ses formes que dans son fond, inscrivant sa place dans l’espace public en tant qu’art populaire.
Le jeu vidéo est intrinsèquement lié à la technologie et aujourd’hui au numérique. Les premiers jeux vidéo étaient nommés des jeux électroniques. Avec ce terme, on peut penser tout de suite aux flippers. Nous avons eu le plaisir d’accueillir deux flippers grâce à l’association partenaire Des Lumières Dans Les Yeux. Ces flippers se trouvent aux côtés du LineWobbler, du RotoRing et de la borne d’arcade pour créer un dialogue entre les époques.
D’une part, le flipper classique, emblématique de l’âge d’or des salles d’arcade, qui marie mécanique (bille, plateau, ressorts, vibrations…) et électronique (CPU, bobines, audio, lumières, capteurs…).
D’autre part, les créations contemporaines, Line Wobbler et RotoRing, qui offrent une vision de l’arcade plus épurée aux mécanismes moins complexes.
Enfin, la borne d’arcade classique, qui illustre une industrialisation du jeu vidéo : le logiciel détermine l’expérience tandis que le matériel reste standardisé, reposant sur des joysticks et microswitches.
Dans cet espace, nous avons pu présenter deux nouvelles créations produites dans le cadre du festival :
Hoki Doki en partenariat avec le Safran – scène conventionnée dans le cadre du festival d’arts numériques les Safra’numériques 2026
& Tableau Retro-Art : Empreinte Ludique développé par Antoine Schmoll du studio strasbourgeois Ernestine.
Tout d’abord, Hoki Doki, s’appuie sur un dispositif existant : en 2016, Henri Morawski et le conseil d’administration Random Bazar ont conçu des pédales modulaires et modulables. En amont de ce festival, l’idée a été d’organiser un appel à la création artistique en mettant ces pédales à disposition comme contrôleurs de jeux vidéo.
33 candidatures internationales ont été reçues, proposant des projets artistiques basés sur ce matériel. L’équipe de Random Bazar et son CA ont constitué le jury et ont sélectionné un lauréat : le collectif néerlandais Katpatat. qui a ensuite disposé de deux mois pour développer le projet proposé.
Seconde création originale, Random Bazar est également coproducteur de l’installation Tableau Retro-Art : Empreinte Ludique.
Cette installation immersive implique le public dans la création de l’œuvre. Jusqu’à quatre participant·es peuvent jouer simultanément sur un parcours projeté sur une toile vierge, avec du matériel graphique mis à disposition pour dessiner dessus. Le dessin devient ici une condition de progression : sans cette action, il est impossible de compléter le jeu et de révéler l’image finale à produire.
Soutenue par l’AMI Culture et Création Numérique de la Région Grand Est, l’œuvre a bénéficié d’une résidence artistique menée par Antoine Schmoll dans le cadre du festival. Ce temps de recherche et d’observation du comportement des joueur·euses a permis d’affiner le prototype en conditions réelles.
L’installation entrera en phase de production au cours de l’année 2026.
Aux côtés des pédales fabriquées par Random Bazar (voir Oasis 1), il nous semblait pertinent de les associer à des artistes et structures qui interrogent nos outils de production dans la création artistique. Cette réflexion traverse notamment les installations Flappy Papy et Petit Boudin Contre les Andouilles, ainsi que Keyball Olympics qui explore la manière de s’émanciper des manettes conventionnelles.
Ici, la Labomedia croise pratiques artistiques et usage critique des technologies pour favoriser une expression sensible et éthique. Ce projet nourrit un écosystème culturel collectif, tourné vers la création de biens communs. L’activité de La Labomedia s’organise autour de la question du développement de la « culture numérique » d’un public très large, mais aussi de la maîtrise des outils et des processus de production. Les deux installations présentées par Labomédia utilisent des outils libres et partagent leurs ressources.
Inspiré de Flappy Bird, avec Flappy Pappy, propose de pompez pour payer sa retraite en spéculant sur la cryptomonnaie ! Cela aborde la spéculation financière, les cryptomonnaies et les retraites par répartition.
Le·a joueur·se incarne le personnage appelé Petit Boudin et le déplace à l’aide d’un contrôleur à son effigie, dans un espace traversé de personnages ennemis dits Andouilles, avec lesquels il ne faut pas entrer en contact sous peine de mettre fin à la partie.
Keyball Olympics propose une relecture physique et chaotique du jeu d’arcade, pensée pour une borne bartop équipée d’un contrôleur unique. Ici, le clavier n’est plus un simple périphérique : il devient le théâtre même de l’action. Chaque touche accueille un personnage, chaque lettre se fait mouvement, et l’ensemble compose une arène de papier où 1 à 3 joueur·ses partagent – et disputent – le même espace pour déclencher gestes, collisions et coups d’éclat.
Au-delà de la compétition, Keyball Olympics s’affirme comme un dispositif participatif et modulable à domicile, reposant sur le principe de «Make & Play», telle que développée dans la thèse de l’artiste Tatiana Villela Dos Santos.
Les années 80 possèdent une esthétique forte qui marque les esprits.
Ce n’est pas parce que Morse est le seul jeu commercialisé sur Steam qu’il en est moins intéressant. Son créateur, Alex Johansson, a conçu le jeu pour qu’il soit le plus pédagogique possible afin d’apprendre le code Morse. Mais il est aussi convaincu que le jeu vidéo à contrôleur alternatif peut toucher un large public. Qui résisterait à l’envie de manipuler une véritable clef de télégraphe pour apprendre le Morse de manière ludique ?
No Signal est un jeu de plateforme comme les autres. Vous êtes une boule, vous roulez à droite, vous roulez à gauche, vous pouvez même sauter. Le but du jeu est de trouver son chemin ! Pardon ? Vous dîtes que vous ne voyez rien ? Et c’est tout à fait normal. Pourtant, cela a fait plus de 2 millions de vues sur les réseaux sociaux ! Ici le jeu n’existe que dans le mouvement grâce à l’effet de neige ou d’électricité statique sur les anciens écrans cathodiques.
Tee Ken Ng s’amuse à mélanger sa nostalgie esthétique du matérielle cathodique et à un souvenir enfantin à jouer à des jeux vidéo en cachette.
Cordialement est un jeu dans lequel le·a joueur·se est invité·e à taper “cordialement” le plus rapidement possible. Oui tout simplement ! Ce jeu de Play-Fool simple et addictif ne cherche pas à tester ni à améliorer le niveau de politesse du joueur ! Il s’apprécie comme un amusoir construit autour de cette formule conventionnelle, et parfois vide de sens, employée au quotidien dans nos échanges numériques. Sa mise en scène conçue pour le jeu est aussi kafkaïenne que burlesque.
On se retrouve au fond de l’exposition, telle au milieu d’une aire de jeu où lon retrouve une marelle, une multitude de jeux et surtout un coin pour se poser et regarder les autres jouer.
CoinCoin contre Minou oppose les canards et les chats dans un math pour attraper des bonbons. Mais derrière son apparence enfantin, le vrai défi est de se coordonner avec son·sa partenaire et d’accepter le contact de l’autre. Cette installation transforme le toucher en interface, mêlant jeu et expérimentation sociale.
Crashboard 2000 invitent deux joueur·ses à surfer véritablement sur internet. L’esthétique glitch et rétro s’inspire des anciennes interfaces web et OS, mêlant culture pop et visuels dynamiques. Les GIF utilisés n’existent plus ailleurs : en les retrouvant, Emilie Breslavetz et Léon Denise se sont fait·es archéologues numériques, questionnant conservation et patrimoine numérique.
Digitalympics est un jeu d’athlétisme sur PlayStation où vous participez à une course de haies… avec vos doigts géants, dans un futur où l’humain a évolué à force d’utiliser les écrans tactiles. Inspiré de la série vidéoludique Track & Field, Florent Deloison mêle humour absurde et dystopie pour questionner doomscrolling et économie de l’attention.
Papertronics – Micro Game Factory invite le public à créer ses propres jeux vidéo… sur papier ! Avec des feutres de couleurs et un langage simple basé sur les formes et les teintes, chaque dessin devient un élément interactif : il suffit de le scanner pour le voir prendre vie à l’écran. Vos traits rebondissent, se transforment en langage de jeu et donnent naissance à des mondes visuels et interactifs en temps réel.
Beasts of Balance combine jeu de société d’adresse et jeu vidéo : empilez des pièces d’animaux et d’artefacts sur une balance connectée, qui influence un monde virtuel en évolution. Seul·e ou à plusieurs, vos choix construisent un univers collaboratif et vivant. Poétique et stratégique, le jeu invite à créer des mondes peuplés d’animaux légendaires en symbiose.
En partenariat avec la Médiathèque Malraux, nous avons organisé ensemble une exposition du 20 février au 4 mars 2026.
La bibliothèque s’est appuyé de nos panneaux roll-ups pour faire une sélection de jeux vidéo indépendants : une exposition itinérante qui permet de découvrir son histoire, ses genres et ses spécificités.
L’installation invite les participant·es à aider un petit personnage à illuminer sa ville. Le gameplay repose sur la construction physique de ponts entre des îles flottantes à l’aide de planchettes de bois.
Cette œuvre hybride combine jeu de construction tangible et projection vidéo interactive, offrant une expérience à la fois poétique, apaisante et participative. Elle se distingue par une interaction en temps réel sans manettes, explorant de nouvelles façons de faire participer le public. Ce projet collectif mêle objets physiques, mécaniques de jeu et projections vidéo pour créer une expérience immersive et collaborative.
NOUS RÉPONDONS À VOS QUESTIONS AVEC PLAISIR.
h e l l o (arob@se) r a n d o m – b a z a r . f r
Shadok
25 presqu’ile Malraux,
67000 Strasbourg
Médiathèque Malraux
1 Presqu’île Malraux,
67100 Strasbourg
Par Random Bazar
Site par Maxime Dreyfus – Illustration Joséphine Herbelin